Kokian possède une oasis de sérénité au cœur de la ville de Yamaguchi. Après avoir circulé entre les hôtels et les autres bâtiments des environs, célèbres pour de nombreuses sources chaudes, l’arrivée dans le vaste lobby silencieux est une bonne surprise. À travers les baies vitrées, la pelouse est d’un vert brillant. Et alignée au milieu, une rangée de sièges confortables pour apprécier les ashiyu, les onsen spécialement dédiés aux bains de pied.

Les hauts plafonds et le foyer contemporain au cœur de l’espace du lobby transmettent une vraie sensation de détente. Dans mon cas, je me surprends à imaginer le croisement d’un cabanon de plage et d’un chalet – ce qui serait le mariage heureux de deux de mes passions. Une fois à l’intérieur, l’agitation du trafic n’est plus qu’un lointain souvenir.

Assis dans les fauteuils confortables qui dominent le jardin, je me sens pleinement apaisé – malgré le fait que le moment ne dure qu’un instant, avant que l’on ne m’escorte plus en avant dans mon sanctuaire privé, dans les profondeurs du ryokan.

La chambre est généreuse, et la vue dégagée sur le jardin l’agrandit encore davantage. La baie vitrée s’ouvre sur un petit bassin, et un bain d’eau thermal domine l’espace vert privatif. Étonnamment dissimulés par les plantes, les immeubles de la ville semblent avoir disparu.

L’extérieur serein est parfaitement complété par les espaces intérieurs de la chambre, divisés entre un salon, un espace de détente et la zone de couchage. Une table basse pour dîner, lire ou travailler, occupe le centre, pendant qu’un grand sofa et un fauteuil massant sont des appels à la relaxation – qui s’avéreront beaucoup plus durs à quitter.

Si le tableau n’est pas déjà assez relaxant en soi, possibilité existe de rallier le spa pour s’abandonner aux mains d’un expert. Le service revigorant associe aromathérapie, massage et bains chauds – un cocktail parfait pour s’égarer dans les brumes qui séparent l’euphorie du sommeil.

Le bain principal du ryokan dispose de plus d’espace que les bains privatifs des chambres. Et l’eau de Kokian est elle-même inhabituelle dans le sens qu’elle est totalement inodore, contrairement à la plupart des eaux volcaniques. Ce qui permet de se détendre pleinement, sans avoir à s’habituer au parfum délicat du soufre.

Du côté du restaurant, le service se concentre sur les spécialités locales – notamment le poisson-globe fugu, la spécialité régionale et mondialement célèbre. De plus, il est possible de dîner dans l’intimité de l’un des espaces privés du restaurant, qui se déploient délicatement autour de la cour, ou bien quand le temps le permet, sur la terrasse. Mais l’endroit importe peu finalement, tant vous serez impressionnés par la finesse de l’arrangement des produits locaux.

Dans tous les cas, il est impossible de mal tomber en ce qui concerne la cuisine d’une auberge japonaise traditionnelle. Le soin et la méticulosité de celle de Kokian suivent définitivement cette règle.

Toutefois, à côté de la grande variété d’options luxueuses existantes pour passer le temps à Kokian, la simplicité des fauteuils disposés sur la pelouse me semble être finalement l’une des meilleures options pour se laisse aller. Et maintenant, je ne pense pas tarder à plonger dans ma piscine privée, avant de me détendre dans l’eau thermale de ma baignoire de bois, en regardant la cime des arbres de mon jardinet danser dans le vent. Puis il sera temps de contempler l’arrangement des plats successifs de mon dîner, ce soir.

Texte de Julian Littler et Photographie de Julian Litter & Kokian

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